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L'escrime à travers les âges de la baïonnette des Prussiens,ou les aventures de Minus & Cortey

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Ju

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L'escrime à travers les âges de la baïonnette des Prussiens,ou les aventures de Minus & Cortey

Message par Ju le Mar 18 Mar - 16:15

Bon, les amis, aujourd'hui on cause d'un vieux (ouais, moi aussi je mets des vieux dans mes histoires). Adolphe Corthey, et je vous montrerais qu'on peux trouver des Adolphes cools.

Corthey est un escrimeur, auteur, passionné d'histoire, et de théâtre (comme quoi on peut pas être parfait) ayant produit une bonne douzaine d'ouvrages dans les années 1890. Vous me direz alors qu'est ce qu'on s'en cogne de l'auteur de La Comédie contemporaine. Les Vieillards de Paris (alléchant, hein!). Et bien après vous avoir répondu bitre, je n’oublierais pas de mentionner les autres ouvrages de Corthey :

-Le fleuret et l'épée, étude.
-Rapport au sujet de la transformation de l'épée de combat.
-L'escrime à travers les âges.
-Petit traité d'escrime à la baïonnette.
-Français & Prussiens, armes blanches et armes à feu.


Mieux, hein?

Et donc parmi ces textes nous en avons déjà quelques uns à disposition :

L'escrime à travers les âges.
Chez Charles Dupont, 1898, Paris

http://www.amazon.fr/Lescrime-à-travers-âges-Éd-1898/dp/2012677681/ref=sr_1…
(désolé pour la pub gratuite)
et en ligne :
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1108408.r=L'escrime à travers les âge…


Quelques mots sur ce livre donc :
En lisant cet essai, deux choses sont apparues très clairement :

-Premièrement monsieur Corthey a vraisemblablement étudié tout un tas de ce que nous nommons "sources primaires", de Liancourt à Gérard Thibaut en passant par Marozzo et Giganti.

-Deuxièmement il a très certainement mis en pratique tout un tas de ces sources, méthodes, techniques avec ses potes de la Société d'encouragement de l'escrime, dont faisait également partie un certain Jean-Joseph Renaud, un autre auteur au prénom pourri que nous connaissons bien.

-Deuxièmement et demi : on peut donc presque dire que, tout comme leurs homologues anglais Alfred Hutton, Egerton Castle, Corthey et ses potes ont, en leurs temps, fait des AMHE.

Dis Corthey, tu veux faire quoi cette nuit? La même chose que les rosbeefs, Jean-Joseph, tenter de créer les AMHE!

Le livre en lui même, dont je recommande vivement la lecture, est très drôle : on y trouve un ensemble pittoresque de considérations débiles sur l'histoire, si caractéristique de son siècle, et des principes sur l'escrime très justes et réfléchis, basés sur son étude et sa pratique des sources.
Un peu comme si on avait savamment mélangé Fab et Porco-Rosso, en proportion égale!
Bref, en tout cas, un petit livre pas cher et qui se termine vite, vous n'aurez pas perdu votre temps (attention en revanche à bien mettre toutes les affirmations et conclusion de Corthey en quarantaine avant de les faire rejoindre votre troupeau... Oui, encore une métaphore agricole, et alors?)

Un autre, un autre, un autre!
Ok!
Du calme les enfants.
Et, la ferme vous trois!
[hide=Spoiler]Désolé, mes différentes personnalités m'échappent un peu en ce moment.[/hide]

Petit manuel d'escrime à la baïonnette
Chez Charles Dupont, 1889, Paris :

https://docs.google.com/file/d/0ByGICcee2dhNaDJiZTQ0X0d4LXM/edit?usp=drive_…

"Celui là, c'est moi qui l'ai fait!"
Il s'agit là de la transcription introduite (huuuum) du manuel d'escrime à la baïonnette de cet auteur. C'est un peu grâce à ce bouquin que je suis tombé sur sa piste

Je ne vais pas trop m'y attarder, l'ouvrage n'étant pas très long (bien que concentré, un peu comme le moi) juste deux mots :
Corthey destine (ça y est!)[hide=Spoiler] ce manuel à son collègue et ami le capitaine Bonini, enseignant l'escrime à Joinville, il est donc rédigé pour un maitre d'arme par un maitre d'arme.
En constatant la navrante mais inexorable réduction de l'art du fusil-baïonnette à l'époque de Corthey, on aurait pu se demander pourquoi un auteur publie à cette époque un nouvel ouvrage sur le sujet (il est d'ailleurs le seul entre la fin de la guerre Franco-Prussienne et la fin de la Russo-Japonnaise, qui est comme ont l'a déjà évoqué le début du renouveau de la baïo, mais ceci est une autre histoire). Oui on aurait pu. Mais vous et moi venons de lire l'escrime à travers les âges et par conséquent nous savons. Corthey le proto-AMHEur, enfin le pré-AMHEur (le terme proto-AMHEur comme chacun sait correspondant plus à la définition du "geek", selon le MS1664) à étudié toute sorte d'escrime, et tout emplit qu'il est de martialitude avancée, il n'a probablement pas pu résister à la tentation de ressortir cet art de la stase de désuétude dans lequel il s'enfonçait...

Pour ce qui est des technique, le pré-AMHEur s'inspire, et ne s'en cache pas, des truc de vieux (comme le bon pré-AMHEur qu'il est) et modernise ainsi Pinette (1835, 60ans plus tôt quand même), tout en le simplifiant.[/hide]
Bref, je ne vous dis pas tout (hein Gaspard!), et vous en laisse à découvrir!


Un autre, un autre, un autre!
Encore?
Et oui, faut bien...
Mets-y un peu de bonne volonté, veux tu.
Bon aller un dernier (promis)!

Rapport au sujet de la transformation de l'épée de combat.
Chez Camproger, 1895, Paris

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k133206m

Un très court texte sur l'épée basé sur les même principes que L'escrime à travers les âges, qui décrit différents styles d'épée liés à une escrime spécifique de Marozzo au fleuret, (tiens tiens tiens, les armements évolueraient ils parallèlement à l'escrime? Je me pose la question...). Il parle également de type de blessures causées par différentes lames (en concluant tels un historien par un glorieux "ça dépend"! et "j'ai pas assez de connaissances pour choisir", etc.
Le tout dans le but de faire évoluer l'armement employé sur le terrain, principalement les épées d'officiers en fait.
Je ne m'attarderais pas plus là dessus, à vous de jouer!



Voilà voilà, j'ai commandé un quatrième titre, qui ne devrait pas tarder : Français & Prussiens, armes blanches et armes à feu, je vous en parlerai sitôt (quel bel endroit) reçu.
Si cela intéresse des gens, je peux même faire un truc plus long et plus conséquent (un peu comme ma bi%£) à propos de Corthey, mais seulement si ça vous intéresse?
Totulement vôtre.
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Re: L'escrime à travers les âges de la baïonnette des Prussiens,ou les aventures de Minus & Cortey

Message par Ju le Mar 18 Mar - 16:16

Alors, j'ai lut le reprint du dernier Adolphe Corthay des quatre évoqués plus haut, le :

Français & Prussiens, armes blanches et armes à feu.
chez Delorme ; Paris; 1887

Disponible ici, pour mémoire :
http://www.amazon.fr/Français-Prussiens-armes-blanches-feu/dp/2012871380/re….

en ligne :

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5477348x.r=Français & Prussiens, arme…

Bon. Et en résumé :

LOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOL!!!!!!!!!

Bon après s'être bidonné comme un gros tas de fouine à la première lecture,



on peut envisager de trouver une théorie sous ce monticule, pourtant très court, de stupidité.
Pour paraphraser un célèbre campeur du fleuron du septième art français, je dirais "on avait connu Corthay gentil, mais à partir d'aujourd'hui, ce sera Corthay con."
On pourrait résumer sa thèse ainsi :

"Oui, très bien, nous en France on a les fusil (Gras) les plus pourris d'Europe, pendant que les autres ont des mitrailleuses, des gros calibres et des fusils de compèt', mais on s'en fout, parce-que le seul truc qui compte et qui comptera jamais, c'est le corps à corps. Et c'est nous qu'on est les plus fort au corps à corps."

Voilà en gros l'idée. C'est assez fantaisiste, si le côté "Adolphe" n'avait pas, en prime, pris le pas sur le cote "Corthay".
Allez, quelques extraits pour que vous compreniez :


De façon que si le meilleur tireur tireur était nécessairement le meilleur militaire, on pourrait dire jusqu'à un certain point que pour être un soldat accompli, il suffit de n'être pas tout à fait un homme.
Voilà, ça c'est dans son chapitre sur "le tir, c'est bon pour les femmes et les Suisses et les Allemands"

 
Graisseux et lourd, tenant de la femme par certain côté de son tempérament, l'Allemand, malgré sa haute taille et ses formes épaisses, aura toujours une infériorité marquée dans le combat d'homme à homme.
Bon là ça se passe de commentaires...


Et si l'on trouve plus de vivacité dans certaines parties de la Prusse que dans le reste de l'Allemagne, il faudrait, parait-il, l'attribuer à la dose de sang que les réfugié de l'Edit de Nantes y ont apportée.
De sorte que l'on pourrait dire en parodiant le mot de Gavarni : "Ce qu'il y a de plus fort dans le Prussien, c'est ... le français"


Et donc voilà... Autant avant on avait eu droit à l'érudit passionné d'histoire de l'escrime, autant là on tombe sur le fanatique patriotiquement-raciste qui à trop lut de bouquin d'escrime et qui ne fait plus la part des choses...


A lire avec de grosses pincettes, genre

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